Les cent-trente ans de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi

     Le samedi 8 décembre 2012, a été célébré le cent-trentième anniversaire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi. La date avait été bien choisie puisque la fête de l'Immaculée-Conception, dont le dogme a été proclamé par le Pape Pie IX en 1854, est la date de la fête traditionnelle de l'Ecole. Précisons que le terme d' « école » doit être pris ici au sens large puisque, depuis les origines, il s'agit surtout d'un établissement d'enseignement qui a réuni, de manière discontinue, selon des modalités diverses à la fois le niveau secondaire et le niveau primaire. Plusieurs centaines de personnes : anciens élèves, élèves actuels, professeurs, parents d'élèves ont participé aux diverses manifestations qui ont jalonné cette journée : assemblée générale de l'association des anciens élèves et maîtres, messe à la chapelle de l'Ecole présidée par Mgr Jean Legrez, archevêque d'Albi et concélébrée par le Père Louis Maraval, ancien directeur, repas amical, photo-souvenir dans la cour de récréation, concert par les jeunes de la chorale, dévoilement de la plaque commémorative qui représente le blason de l'Ecole, remise des diplômes du baccalauréat à la promotion 2012, illumination de la façade de l'Ecole en fin d'après-midi pour la fête des lumières. Plusieurs personnalités ont honoré de leur présence cette journée festive : Mgr Legrez, archevêque d'Albi qui venait dans l'Ecole pour la deuxième fois et qui a dit le rôle éminent de l'enseignement catholique dans la formation chrétienne et dans l'émergence des diverses vocations nécessaires à la vie de l'Eglise, le Père Paul de Cassagnac, curé-archiprêtre de la cathédrale Sainte-Cécile, le directeur diocésain de l'enseignement catholique (Tarn et Tarn-et-Garonne), M. Christian Gerno, mais aussi des personnalités civiles : M.Philippe Bonnecarrère, maire d'Albi, Mme Gisèle Dedieu, premier-adjoint au maire d'Albi, M.Philippe Folliot, député du Tarn, le sénateur François Delga, ancien élève, Mme Catherine Réveillon, conseillère régionale. Cet événement est l'occasion de retracer, sans esprit hagiographique, mais sans complexe non plus, l'histoire d'une institution qui fait partie depuis longtemps du paysage éducatif albigeois et a formé, au sens plein de ce terme, depuis sa fondation, bien des générations d'élèves. Pour retracer cette histoire dans ses grandes lignes, en attendant un ouvrage plus complet dont nous avons le projet, nous utiliserons, principalement, le livre (1) du chanoine Combès, supérieur de l'Ecole de 1913 à 1940 et l'ordo diocésain consultable aux archives diocésaines d'Albi (2). Ces sources seront complétées par les derniers bulletins de liaison (3), des témoignages oraux d'anciens élèves ou professeurs et nos propres souvenirs puisque nous fréquentâmes l'Ecole en tant qu'élève de 1969 à 1977 et avons ensuite maintenu les liens à travers les différentes associations qui participent à la vie de l'Ecole.

 

Le temps des fondations (1882-1900) :

La fondation de l'Ecole en 1882 s'inscrit dans une période de crise entre l'Eglise catholique et la Troisième République qui devait conduire finalement à la loi de Séparation du 9 décembre 1905, après un quart de siècle de «discordat», selon la formule de notre collègue Gérard Cholvy. A partir de 1880, la République se républicanise et fait de la laïcisation de l'enseignement public, primaire et secondaire, l'un de ses chevaux de bataille. Les enjeux sont très forts de part et d'autre. Les gouvernements républicains se méfient d'une Eglise qui a retrouvé de très fortes positions dans le domaine de l'enseignement après la tourmente révolutionnaire. L'avènement du suffrage universel masculin en 1848 rend très sensible cette question, en particulier pour l'enseignement primaire, les gouvernements républicains redoutant que l'Eglise influence défavorablement, du point de vue politique, les élèves, futurs citoyens. De son côté, l'Eglise reste très réticente à l'égard d'un régime républicain dont la naissance est associée aux violences commises pendant la Révolution. Le centenaire de la Révolution française en 1889 donnera lieu à de nouveaux raidissements, de part et d'autre. On comprend donc que dans ce contexte, à nouveau tendu, l'archevêque d'Albi de cette époque, Mgr Ramadié (1812-1884), qui a laissé le souvenir d'un prélat ferme (4) dans le domaine de l'enseignement, en particulier par sa condamnation de l'utilisation du Manuel de morale de Gabriel Compayré en 1883 (5), soit intervenu pour lancer le projet de la fondation à Albi, chef-lieu du département du Tarn, d'un nouvel établissement scolaire catholique. Répondant à l'interdiction qui est faite au clergé et aux congrégations religieuses (6) d'enseigner désormais dans l'enseignement public, il s'agit, en usant du principe de liberté de l'enseignement secondaire posé par la loi Falloux de 1850, de créer un établissement secondaire qui puisse concurrencer, à terme, le lycée d'Albi et le collège de Castres et compléter le dispositif des établissements scolaires catholiques constitué à cette époque par l'Ecole de Sorèze qui a recouvré son lustre d'antan grâce au RP Lacordaire (7), l'école Barral de Castres et les petits séminaires (Castres, Massals près d'Alban et Lavaur puis Saint-Sulpice) auxquels il faut ajouter l'institution Saint-Etienne de Valence d'Albigeois qui recrutent surtout dans les milieux ruraux et ouvriers.

C'est ainsi (8) que le 3 octobre 1882 est ouverte l'institution Sainte-Marie qui ne compte à ses débuts que dix internes et vingt-quatre externes et s'installe d'abord dans les locaux de la maîtrise derrière la cathédrale Sainte-Cécile. Sont ensuite accomplis les premiers pas de cette nouvelle institution : assemblée générale des actionnaires (12 juin 1883) qui élit un conseil d'administration présidé par le vicaire général Puel et est composé de notables catholiques : Germain Crozes (trésorier), les barons Gorsse et Decazes (anciens députés), le marquis d'Aragon, et de deux prêtres : les abbés Boyer, chanoine de la métropole et Prunet, curé de Saliès puis approbation des statuts (9 mai 1884), donation d'un terrain par Germain Crozes bordé par le boulevard Rochegude (devenu depuis le boulevard Carnot), la rue Truel-de-Palaffre, la route de Castres (boulevard Gambetta) et l'avenue Lapérouse (devenu avenue De Gaulle). Le 19 mars 1885, Mgr Fonteneau (1825-1899), nouvel archevêque d'Albi, préside la cérémonie de la pose de la première pierre de la nouvelle construction dessinée par l'architecte des édifices diocésains, Aurignac. Le 4 octobre 1887 se déroule la première rentrée sur le site actuel. Les premiers supérieurs sont tous des ecclésiastiques : l'abbé Boulade, chapelain de la métropole (cathédrale Sainte-Cécile), l'abbé Ginestet, le chanoine Besset, secrétaire-général de l'archevêché, l'abbé Louis Birot (1863-1936) qui va donner à l'Ecole qu'il dirige de 1894 à 1900 son véritable essor.

Albigeois de naissance et fils d'un contrôleur des postes, Louis Birot (9) a fait ses études chez les frères de Saint Jean-Baptiste de La Salle puis au lycée d'Albi et au petit séminaire de Castres. Remarqué par ses maîtres qui ont détecté en lui une intelligence exceptionnelle, il obtient son baccalauréat en philosophie et est envoyé au célèbre séminaire de Saint-Sulpice à Paris qui réunit l'élite du clergé. De 1880 à 1885, il profite de l'enseignement de M. Hogan et de véritables pédagogues qui ne se contentent pas d'érudition mais cherchent à « former l'esprit de leurs élèves, à éveiller leur personnalité, à leur apprendre à juger par eux-mêmes. » Il y noue une solide amitié avec l'abbé Félix Klein, futur professeur à l'Institut catholique de Paris, y rencontre l'abbé Frémont, y côtoie des séminaristes de toutes les régions de France et au-delà. Sa formation parisienne terminée, il aurait aimé la prolonger à Rome ou à Toulouse mais son archevêque, Mgr Fonteneau, le rappelle dans le diocèse et le nomme professeur au petit séminaire de Castres. Ordonné prêtre le 20 mars 1886, il est nommé vicaire à la cathédrale Sainte-Cécile (1888), aumônier de la garnison d'Albi (1890). En 1894, il devient aumônier de l'hôpital d'Albi puis est nommé supérieur de l'Ecole Sainte-Marie.

De ses six années de supériorat à l'Ecole Sainte-Marie (10), on retiendra d'abord qu'il aborda les questions de discipline dans un esprit de « modération et de libéralisme », soucieux moins de punir que de faire comprendre et accepter par les élèves la nécessité d'observer les règlements. Il donna aussi une forte impulsion aux études, en élevant le niveau du corps professoral qu'il recrute de préférence muni des diplômes délivrés par l'Institut catholique de Toulouse, quitte à se heurter à certaines réticences épiscopales. Il n'hésite pas à envoyer certains professeurs à l'étranger pour parfaire leur connaissance de la langue. Il s'emploie à ce que les élèves cultivent le goût des belles-lettres et des sciences, pensant que la fréquentation des humanités devait conduire à l'ouverture à l'humanisme. Il lance les conférences des Jeudis littéraires, fait représenter une fois par trimestre une oeuvre dramatique du XVIIe siècle, crée une académie littéraire pour les élèves de la seconde à la terminale. Avant tout, il se préoccupe de la formation spirituelle des élèves à travers ses allocutions à la grand messe dominicale, dans des conférences à l'étude, en faisant comprendre aux élèves que la foi n'est pas d'abord affaire d'observances, de connaissances théoriques ou de pratique rituelle mais doit imprégner toute une vie à travers les actes de la vie quotidienne. Cela correspond, selon les mentalités de cette époque, à : l'intelligence de toutes les matières enseignées, la poursuite d'un idéal imprégné des valeurs fondamentales que sont la fidélité, la loyauté, le goût du beau et du grand, une culture élevée, le sens du devoir, la capacité à se sacrifier, l'amour de la patrie, l'esprit de camaraderie, l'engagement dans les grandes causes et le service de la charité, le sens de la justice et du partage. On doit à Louis Birot, enfin, la construction de la chapelle pour laquelle il réussit à réunir les fonds nécessaires et qu'il inaugura le 30 mai 1899 en la fête de Notre-Dame Auxiliatrice. Depuis cette époque, cette chapelle a été régulièrement entretenue et ornée (11). A l'époque récente, des travaux de réfection importants, concernant les peintures, les enduits et le crépis extérieurs, la toiture, la sonorisation, le chauffage, le réaménagement du choeur dans le sens de la sobriété ont été réalisés grâce au dynamisme du Père Jean Icher. Ce dernier a su mobiliser les énergies et la générosité des amis de l'Ecole, en particulier ses anciens élèves et faire en sorte que cette chapelle reste ce qu 'elle doit être, conformément à la volonté des fondateurs : le coeur lumineux et le centre de l'Ecole. Des célébrations religieuses y ont lieu tout au long de l'année, en particulier lors des temps forts de l'année liturgique, pour les élèves actuels tandis qu'une messe dominicale anticipée y est célébrée le samedi à 18h réunissant des personnes du quartier et des anciens élèves. L'inauguration de la chapelle avait eu lieu un peu plus de deux mois après le décès de Mgr Fonteneau. Son successeur, Mgr Mignot (1859-1918), connaissant les mérites de l'abbé Louis Birot, en fit son principal collaborateur en le nommant vicaire général peu de temps après son arrivée à Albi au début de l'année 1900, puis curé-archiprêtre de la cathédrale Sainte-Cécile en 1908. Appelé à de plus hautes fonctions dans lesquelles il pût donner la mesure de ses talents, en particulier lors de la crise de la Séparation (12) en 1905 et 1906 lorsqu'il se rendit auprès du Pape Pie X pour essayer de défendre l'opinion de son archevêque et de la majorité de l'épiscopat français favorable à une attitude de conciliation envers le gouvernement, Louis Birot quitta à regret l'Ecole Sainte-Marie en juillet 1900. Il confia plus tard y avoir passé « les plus belles et les plus fécondes années de sa vie. » C'est d'ailleurs durant cette période que Louis Birot acquiert une grande célébrité au sein de l'Eglise de France. Abbé démocrate, fidèle aux intuitions du Pape Léon XIII en matière d'enseignement social de l'Eglise et d'adhésion au régime républicain, tout en restant ferme sur l'obéissance due à la hiérarchie de l'Eglise et au magistère romain, il prône une attitude ouverte à l'égard du monde moderne. C'est à cette époque qu'il acquiert, au plan local puis régional, la dimension d'un orateur estimé et devient « le prédicateur des grandes circonstances » (13) : Fête du drapeau du 143e de ligne, panégyrique de Jeanne d'Arc en 1892, de Saint Thomas d'Aquin à la basilique Saint-Sernin de Toulouse, de Sainte Germaine de Pibrac ou à l'Institut catholique de Toulouse dirigé par l'un de ses amis, Mgr Batiffol. Son audience devient nationale à partir de 1900 en raison du discours sur « l'amour de son pays et de son temps » qu'il prononça à la demande de l'abbé Lemire, à la séance générale du congrès des oeuvres sacerdotales réuni à Bourges. Le thème central est « l'adhésion sincère et spontanée aux institutions de son époque, condition nécessaire et préalable, selon lui, de tout apostolat sacerdotal. » Il y a là comme un écho au programme épiscopal que Mgr Mignot avait prononcé lors de son arrivée à Albi en février 1900 : « l'évêque dans la société moderne. » Nul doute qu'une telle personnalité ait marqué de manière profonde et durable une institution qui restera singulière au sein de la cité albigeoise et du diocèse, en raison même de la forte personnalité de nombre de prêtres qui y enseignèrent.

 

Le temps de la maturité (1900-1974) :

De 1900 à 1974, huit supérieurs, tous ecclésiastiques, se succèdent à la direction de l'Ecole Sainte-Marie : l'abbé Intrand (1900-1904), l'abbé Cauquil (1904-1913), tous deux professeurs de philosophie, le chanoine Gustave Combès (1913-1940), qui deviendra l'historien de l'Ecole, l'abbé Cavaillès (1940-1946), professeur d'anglais, l'abbé Jean-Emmanuel Marquès (1946-1952), professeur de physique, futur archevêque d'Albi (1957-1961), l'abbé Louis Rolland (1953-1958), professeur d'anglais, l'abbé Joseph Laurent (1958-1963) et l'abbé Louis Maraval (1963-1974). Ces supérieurs, qui continuent le plus souvent à enseigner une ou plusieurs matières, sont assistés par un censeur qu'ils désignent eux-mêmes et qui, assez souvent, prend leur suite, parfois par un sous-directeur et un économe, tous ecclésiastiques. La liste des censeurs est la suivante : les abbés Ségonzac, Calmettes, Intrand, Cauquil, Mathieu, professeur de mathématiques, Combès, Cavaillès (1914-1934), Marquès (1934-1939), Pradelles (1940-1947?), Henri Montlaur (1953?), professeur d'allemand, Méraud (1953), Jean Cabrol (1953-1955), professeur de physique-chimie, Joseph Laurent (1955-1958), Pierre Laclau (1958-1963), Jean Icher (1963-1974), professeur d'anglais. Les économes furent : le chanoine Puget, ordonné prêtre en 1889, professeur de physique, mort le 20 décembre 1944, après plus d'un demi-siècle de dévouement à l'Ecole, l'abbé Assié jusque dans les années 1950 (après 1953) et plus tard par l'abbé Pierre Roudouleusse de 1964 à 1971.

Les effectifs ont augmenté progressivement : une centaine d'élèves en 1887, plus de deux-cents à la fin de la Première guerre mondiale, plus de trois-cents en 1921, 363 en 1923.

On n'entrera pas ici dans le détail des différentes phases de construction des locaux, ni de l'évolution du corps professoral formé essentiellement d'ecclésiastiques. Tous ces renseignements figurent dans l'ouvrage du chanoine Combès (14). Contrairement à l'institution voisine du Bon-Sauveur, il n'y a jamais eu à l'Ecole Sainte-Marie de tutelle congréganiste. Plusieurs religieuses de la congrégation de Saint-Joseph d'Oulias furent cependant présentes au début de l'Ecole, avec un service portant sur les classes enfantines, la cuisine et la lingerie. D'autres religieuses s'occuperont également de l'infirmerie. Il s'agit donc d'une école privée placée, dès ses origines, sous l'autorité épiscopale qui intervient, en particulier dans le choix des supérieurs, tous membres du clergé diocésain jusqu'aux années 1970, ainsi que dans l'affectation des prêtres dans le corps professoral, parfois pour des périodes brèves, parfois durant toute leur carrière ou presque, de manière exclusive ou pas. En effet, certains d'entre eux participent également au service paroissial (15), sont chanoines titulaires (16) ou honoraires (17) de la cathédrale Sainte-Cécile ou exercent des fonctions d'aumôniers (18). Parmi ceux qui restèrent longtemps à l'Ecole : l'abbé Bousquet, professeur d'histoire pendant plus de quarante ans (1911-1950), l'abbé Marty de 1908 à 1952, l'abbé Pierre Ségui (1882-1965), professeur de chimie et de mathématiques durant quarante-cinq ans depuis 1911, l'abbé Ernest Maurel (1886-1965) depuis 1919, l'abbé Aimé Aribaud (1881-1969), professeur de première durant 39 ans, l'abbé Jean-Edmond Audourenq (1878-1962), professeur de sixième de 1907 à 1940 et de cinquième de 1940 à 1943. Il faut insister aussi sur le fait que, dès les origines, l'autorité épiscopale a toujours veillé au très bon niveau de formation des prêtres éducateurs qui sont titulaires des grades académiques nécessaires en matière d'enseignement, en particulier celui de la licence.

La formation des élèves est à la fois intellectuelle et spirituelle, l'ambition des prêtres éducateurs étant de former des chrétiens aptes à se mouvoir dans la vie sociale, tant du point de vue professionnel qu'en tant que chrétiens, ferments dans la pâte sociale. Les exercices spirituels sont nombreux : prières du coucher et du lever, des débuts de cours et d'études, les messes servies, celles du jeudi et du dimanche, les Vêpres, les saluts du Saint-Sacrement, les confessions, les instructions religieuses. Les aumôniers jouent un rôle particulièrement important, étant chargés tout spécialement de l'instruction religieuse et de la direction spirituelle des élèves. Cette fonction apparaît durant le supériorat du chanoine Combès. Elle est confiée successivement à l'abbé Calmettes de 1921 à 1927, au chanoine Boulade, ancien aumônier du Carmel (1927-1929), au chanoine Crayol, ancien supérieur de la Maîtrise, durant trente ans de 1929 à 1956. Ecole catholique au sens plein de ce terme, sans être un petit séminaire, l'Ecole a permis l'éclosion d'un grand nombre de vocations sacerdotales durant toute cette période. Les indications fournies par le chanoine Combès permettent de dénombrer vingt-neuf ordinations de prêtres qui ont été élèves sous la direction des abbés Combès, Cavaillès et Rolland, soit près d'une chaque année, vingt et une ordinations de prêtres à l'époque du chanoine Combès, cinq à l'époque de l'abbé Cavaillès dont celle de Jean Sahuquet (19), futur évêque de Tarbes-Lourdes (1988-1998), trois à l'époque de l'abbé Rolland. Deux autres anciens élèves, membres de la congrégation du TORSF (20) , envoyés comme missionnaires au Brésil furent promus évêques (21) : François Rey (1902-1984), né à Fauch, administrateur apostolique (1931) puis évêque de Guajara-Mirim, de 1945 à 1966 et Maxime Biennès (1921-2007), né à Albi, administrateur apostolique (1955), puis évêque (1968-1991) de San Luis de Cacèrès. Au total donc, avec les ordinations épiscopales de Jean-Emmanuel Marquès (22) et de Gilles Barthe (23), cinq anciens élèves accéderont aux fonctions épiscopales. Parmi les dates importantes de l'histoire de l'Ecole, il faut, en effet, rappeler celle du 24 juin 1953, lorsque deux anciens élèves et professeurs de l'Ecole : l'abbé Jean-Emmanuel Marquès (1901-1961), supérieur et l'abbé Gilles Barthe (1906-1993), professeur de philosophie sont tous deux sacrés évêques en la cathédrale Sainte-Cécile. Mgr Marquès sera évêque auxiliaire d'Albi puis, fait très rare car originaire de Gaillac, donc du diocèse, deviendra archevêque d'Albi de 1957 à 1961. Mgr Barthe sera évêque de Monaco de 1953 à 1962 puis évêque de Fréjus-Toulon de 1962 à 1983 et père conciliaire. Il est venu présider l'assemblée générale des anciens élèves le 1er juin 1991.

La formation des élèves étant plus large que l'apprentissage des disciplines fondamentales de l'enseignement, de nombreuses activités sont proposées très tôt à l'Ecole : chant, cercles littéraires, activités sportives, mouvements d'action catholique, actions caritatives. Le chant est particulièrement à l'honneur à l'époque du chanoine Combès car il permet de donner « le plus de splendeur possible aux cérémonies qui se déroulent à la chapelle »(24). Sont donc activement préparés les chants liturgiques de la Messe et des Vêpres mais aussi des motets et des cantiques. Les maîtres de choeur furent, en particulier, les abbés Pinel et Alousque, professeur de quatrième (mort le 31 janvier 1939 (25) Combès, l'abbé Cavaillès, organiste et chef d'orchestre, ensuite maître de choeur à la cathédrale (1946) mort le 8 juin 1954. La liste des professeurs qui est publiée dans l'ordo diocésain, avec les professeurs laïcs jusqu'en 1968, mentionne les noms de ceux qui ont pris la suite : Mme Galtié (piano-violon) en 1956, M. Tardieu (1963). Fondés à l'époque de l'abbé Birot (26) : les Jeudis littéraires, organisés autour de conférences, sont relancés par l'abbé Cauquil (27). L'académie littéraire, qui date également de l'époque de Louis Birot, est ressuscitée par Gustave Combès (28). L'Ecole participe aux concours inter-scolaires organisés par l'Institut catholique de Toulouse, ainsi les élèves de philosophie à des concours d'éloquence à l'époque de l'abbé Marquès.(29). Dans le domaine caritatif, les conférences de Saint-Vincent de Paul sont actives (30). Un groupe du Sillon existe avant sa condamnation par le pape Pie X, en 1910 (31). La JEC est implantée depuis 1940 (32) avec les abbés Rolland à l'époque de Marquès, puis, dans les années 1950 avec l'abbé Gilbert Assemat, futur vicaire général. Des activités liées au scoutisme sont organisées très tôt comme en témoigne une photographie prise en 1930 (33). Plus tard, le scoutisme se développe grâce aux abbés Elie Anglès, Maurice Lahuerta et surtout l'abbé Jean Icher à partir du début des années 1960. La croisade eucharistique est animée par les abbés Marcel Gautrand et André Maynadier. (34) Les activités sportives ne sont pas oubliées (35) avec l'installation dans les deux cours de l'Ecole dès avant la Première guerre mondiale d'une barre fixe, de barres parallèles, d'un portique avec des agrès : trapèze, anneaux, corde à noeuds, corde lisse, tremplin pour le saut et un mur cimenté pour la pelote basque encore visible de nos jours. Un cours de gymnastique suédoise est crée dans chaque classe à l'époque du chanoine Combès et confié à l'abbé Nespoulous. Un court de tennis est installé au delà de la cour des grands. Deux équipes de football dans chacune des trois divisions (petits, moyens et grands) s'entraînent sur un terrain loué longeant la voie ferrée côté Castres à deux kilomètres d'Albi. Des compétitions sont organisées avec d'autres établissements scolaires. Jean Malaval a évoqué le souvenir de ces compétitions qui avaient lieu au « champ de manœuvres » situé à proximité du hall des expositions, où on se rendait à pied le jeudi. L'équipe de Sainte-Marie affrontait celles du lycée d'Albi, du petit séminaire de Valence d'Albigeois ou de l'école Barral de Castres. (36)

Parmi les événements importants, il y a les périodes difficiles correspondant aux deux conflits mondiaux, les supérieurs se trouvant dans l'obligation non seulement de faire face au départ pour l'armée de plusieurs professeurs et aux problèmes de ravitaillement mais aussi de trouver, en ville, des locaux de substitution en raison de la réquisition de l'Ecole effectuée par le Ministère de la guerre au profit des militaires hospitalisés. Ainsi, de 1914 à 1917, l'Ecole est-elle transformée tout entière en hôpital militaire(37), tandis qu'elle est occupée partiellement par un hôpital de la Croix- Rouge de 1940 à 1944 (38). Certaines photographies de l'époque évoquent cette période.

Afin de renforcer les liens entre le passé et le présent, une association d'anciens élèves avait été créée à l'époque de Louis Birot, réactivée en 1914 par le chanoine Combès (39). Le 11 mai 1914 avait lieu une réunion des anciens élèves avec un discours de Jules Pigasse, conférencier de la Jeunesse catholique. En 1924 est créée l'association des anciens élèves et maîtres de l'Ecole. Jules Pigasse en sera président jusqu'en 1949 puis Gaston Fournials, le commerçant albigeois. Selon ses statuts, elle a pour but : « de maintenir et resserrer les liens d'amitié, de camaraderie et de solidarité qui les ont unis pendant leur séjour à l'Ecole, de s'intéresser d'une façon effective à la vie intellectuelle de leurs jeunes camarades, de s'attacher tout spécialement aux enfants de leurs camarades tués à l'ennemi et à tous les orphelins de guerre qui font leurs études à Sainte-Marie, de créer des bourses de fin d'études pour les élèves les plus méritants, de faire connaître et aimer l'Ecole où ils ont été élevés.(40) »

Le 14 mai 1922, pour les quarante ans de la fondation de l'Ecole est inauguré le monument aux morts situé dans le hall d'entrée contre l'un des murs de la chapelle (41). Ce monument rappelle le souvenir des quarante-sept élèves et maîtres morts au champ d'honneur (42). Une statue représentait l'un d'eux : Roland de Saint-Vincent Brassac. La liste des morts s'est allongée de celle relative à la Seconde guerre mondiale (vingt-trois noms), puis des guerres du Maroc (trois noms), d'Indochine (trois noms), la guerre civile d'Espagne (un nom) et de Corée (un nom). Le blason de l'Ecole est imaginé à cette époque par le chanoine Combès. Il comporte une croix sur fond rouge qui évoque le souvenir des souffrances de la guerre, l'étoile du matin sur fond d'azur en honneur de la Vierge-Marie et la jeunesse, les hermines sur fond blanc en hommage à la pureté que les élèves doivent rechercher. Avec la devise « Toujours fidèle » et l'inscription « in memoriam et in spem. »

Le 22 mai 1932, le cinquantenaire de l'Ecole est célébré à la cathédrale Sainte-Cécile en présence de plusieurs évêques : Mgr Cézerac (archevêque d'Albi), Mgr Jules Saliège, (archevêque de Toulouse et futur cardinal), Mgr Roques (évêque de Montauban et futur cardinal), Mgr Chaillol, évêque de Rodez. Une cantate à deux voix est composée à cette occasion par Léonce de Saint-Martin, ancien élève et organiste de Notre-Dame de Paris. Quatre-cent-cinquante personnes participent au banquet organisé au gymnase municipal (43).

 

 

Les temps « modernes » (1970-2012)

La période qui commence au début des années 1970 est marquée par des évolutions de fond : le départ progressif des prêtres remplacés par des laïcs, l'introduction de la mixité, la multiplication des activités culturelles, la volonté de s'adapter aux temps modernes tout en restant fermes sur les bases traditionnelles d'une formation chrétienne. A partir des années 1980, les responsables sont confrontés aux problèmes du recrutement et du vieillissement des locaux et de leur mise en conformité avec les règles de sécurité. D'où une politique de rénovation les locaux, d'extension des formations et de participation active à la restructuration de l'enseignement catholique au niveau local.

Le départ progressif des prêtres :

En 1974, la nomination de deux laïcs, François Bigeard, professeur de philosophie, à la direction de l'Ecole et de Fernand Vergely (44), professeur de sciences naturelles comme censeur à la place de deux prêtres, les abbés Maraval et Icher témoigne de manière très claire d'une évolution favorable au laïcat. Jusque-là, en effet, l'Ecole avait fonctionné essentiellement avec un personnel ecclésiastique tant dans les fonctions de responsabilité que dans celles de professeurs et même de surveillance. De 1972 à 1975 encore, les trois responsables des divisions des grands, des moyens et des petits sont trois prêtres : respectivement les abbés Icher, Jammes et Cavaillès. Déjà, depuis quelques années, des laïcs avaient accédé à des fonctions de professeurs. Ainsi Louis Combes, depuis les années 1950, pour l'enseignement des mathématiques dans les grandes classes, ensuite remplacé par Jean-Pierre Raucoules (45). Dévoués complètement à l'Ecole à la manière des prêtres qu'ils ont remplacés et par lesquels ils ont parfois été formés, ces laïcs prolongent l'engagement total des prêtres qui les ont précédés de sorte qu'il n' y a pas de rupture véritable avec l'époque précédente. Mais c'est surtout au collège que l'entrée en force des laïcs se fait à partir des années 1950 avec Madeleine Aguié et d'autres anciennes institutrices qui enseignent plusieurs matières telles que les mathématiques, la biologie, la géographie. Il est vrai que cette période est marquée par le départ de nombreux prêtres, soit qu'il atteignent l'âge d'une retraite bien méritée, soit qu'ils disparaissent, soit qu'ils quittent leur fonction enseignante pour rejoindre le ministère paroissial. La crise des vocations se faisant de plus en plus sentir, l'autorité épiscopale a tendance à leur demander d'aller en paroisse. Et ils ne sont pas remplacés comme auparavant par de plus jeunes confrères mais par des laïcs, hommes et femmes. Il est vrai aussi que la crise de mai 1968 est passée par là et que certains prêtres ont été meurtris par la mise en cause de leur autorité qui, jusque-là, était considérée comme naturelle et qui se trouvait désormais parfois contestée. Cette évolution s'est faite lentement. A la fin des années 1960 encore et au début des années 1970, les prêtres étaient fortement présents à l'Ecole, y résidant la plupart du temps. Ainsi en 1970-1971, la liste du corps professoral présent dans l'établissement (46) comporte une forte proportion de prêtres, près de la moitié au lycée, en particulier dans les matières les plus importantes : l'abbé Robert Bon (1922-1982) en philosophie, l'abbé Robert Bouyssié en français, l'abbé Jean Cabrol en physique-chimie, l'abbé Henri Amiel (1913-1984) en mathématiques, les abbés Jean Icher et Lucien Jammes en anglais, l'abbé Marcel Gautrand en espagnol, l'abbé Henri Montlaur en allemand, le Père Camand en latin-grec. Au collège, on trouve également l'abbé Jean-Marie Vayrette en français, latin, grec et l'abbé Gaston Cavaillès en anglais, ainsi que les abbés Pierre Roudouleusse et André Maynadier qui participent à la catéchèse et à la surveillance. Au total donc, au début des années 1970, il y a une quinzaine de prêtres qui enseignent et vivent à l'Ecole. Jusqu'à la fin de cette décennie, une matière comme l'anglais est enseignée exclusivement par des prêtres : les abbés Cavaillès (sixième et cinquième), Jammes (quatrième et troisième) et Icher (lycée). Ce dernier modifie profondément les méthodes d'enseignement, en donnant la préférence à l'oral et non plus à l'écrit et surtout en mettant en place tout une série de voyages linguistiques avec l'Angleterre, soit durant le mois de juillet dans la banlieue de Londres, soit à travers le jumelage, officialisé en 1972 avec le diocèse anglican de Chester qui permettra des échanges annuels à partir de 1974 entre les élèves membres de la chorale de l'Ecole Sainte-Marie et ceux de Prestbury et un peu plus tard des échanges avec l'Allemagne. D'autres matières, comme l'histoire-géographie, avec M Caplanq-Laborde, Mme Anne-Marie Nespoulous, M Claude Fabre, les sciences naturelles avec Fernand Vergely, l'éducation musicale avec Mme Janette Enjalran, le dessin, avec Raoul Vergnes, l'éducation physique avec MM. Pierre Régi et Bernard Palis, sont dès cette époque, enseignées exclusivement par un personnel laïque qui accèdera à la retraite à partir des années 1990 et dans les années 2000. Au terme de cette évolution qui a duré plus de vingt ans, les prêtres enseignants ont complètement disparu. Les derniers ont été les abbés Gautrand, Cabrol et Icher.

L'année 2011 a été marquée par la disparition de deux grandes figures de prêtres qu' a connues l'Ecole à partir de 1950 : les abbés Pierre Roudouleusse (47) et Jean Cabrol (48).

L'abbé Pierre Roudouleusse, surnommé « Piccolo » ou « Roudou » était né à Serviès, près de Vielmur-sur-Agout en 1921. Ordonné prêtre en juillet 1950, il a été préfet de division à Sainte-Marie de 1950 à 1971. Surveillant efficace, « présent partout et en tout lieu, comme la divine Providence », sa sévérité n'avait d'égale que sa bienveillance. Amateur de romans policiers, il n'avait pas son pareil pour surveiller les études, regardant à droite pour punir à gauche, faisant des trous dans le journal qu'il lisait, en particulier l'Equipe et le Midi Olympique le lundi, accordant d'un hochement de tête son autorisation à une demande dont il avait deviné l'objet, commentant l'actualité à la fin de la journée. C'est lui qui conduisait les pensionnaires le dimanche après-midi au stade Rigaud pour assister aux parties de rugby à XV ou de jeu à XIII, ou au stade Lagrèze pour le football. Il y connaissait tout le monde et avait négocié la gratuité pour l'entrée des élèves. Il les amena un jeudi du côté du stade Lagrèze pour assister à une course de motos, les « Bultaco .» Comme il s'occupait aussi de l'économat, c'est lui qui commandait les livres scolaires et qui distribuait le pain et le chocolat du goûter. Il a été ensuite aumônier de la prison d'Albi et curé de Fréjairolles, durant quarante ans, jusqu'à sa mort survenue le 24 mars 2011. Son inénarrable béret vissé sur la tête, dévisageant chacun de son regard toujours vif, il participa jusqu'à la fin de sa longue vie aux réunions de certaines promotions d'anciens élèves qui lui témoignaient beaucoup d'affection.

Né en 1925 à Mazamet, ville qui fut un « château d'eau ecclésiastique », l'abbé Jean Cabrol a d'abord été élève à l'Ecole dans les années 1930 à l'époque du chanoine Combès, lui aussi d'origine mazamétaine. De 1942 à 1950, il est au grand séminaire d'Albi puis à l'Institut catholique de Toulouse, où il obtient la Licence en sciences physiques. Ordonné prêtre dès l'âge de 22 ans, dans la chapelle de l'Ecole, il y enseigne de 1950 à 1985, prenant la suite de Mgr Marquès dans l'enseignement de la physique et de la chimie qu'il inculqua à de nombreux élèves durant trente-cinq ans. Doux, intelligent et sensible, l'abbé Cabrol était un homme de chez nous, jusqu'à la prononciation typique de certains mots, en particulier le double L . Surnommé « Peppone » ou « Peps », menant un style de vie spartiate, l'abbé Cabrol était un homme très consciencieux, parlant très peu, ce qui impressionnait les élèves, n'élevant jamais la voix, très timide aussi, parfois boudeur en cours lorsque l'attention faiblissait. Réservé de nature, d'une grande humilité chrétienne, il allait droit à l'essentiel, avec beaucoup de pudeur et une exactitude qui aurait pû être monastique. Il avait fait sienne la maxime selon laquelle : « le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit. » Durant quelques années, il avait exercé la fonction de censeur mais qui ne correspondait pas à son caractère. Son bureau, au premier étage, était toujours ouvert et il était toujours prêt à reprendre une partie du cours mal comprise ou à écouter les confidences des élèves. Il a également participé à l'encadrement des voyages en Angleterre organisés par l'abbé Icher. Il visitait les malades, avait le sens de l'écoute plus que de la parole et était très généreux. Après cinquante ans de présence à l'Ecole, l'abbé Cabrol se retira durant quelques années, de 1985 à 1992, chez des amis dans les Pyrénées-atlantiques. L'un des fils de ses amis était prêtre et il l'aida dans son ministère. Il revint ensuite dans le diocèse d'Albi où il fut rattaché à l'équipe sacerdotale de la cathédrale Sainte-Cécile, tout en étant, jusqu'en 2009, aumônier du Carmel d'Albi, ministère qui lui correspondait parfaitement. Retiré à la collégiale Sainte-Cécile, il connut alors des problèmes de santé, perdant progressivement toute mobilité. Il est décédé le 27 octobre 2011, à l'âge de quatre-vingt six ans.

L'ouverture à la mixité :

Traditionnellement, les familles catholiques envoyaient les garçons à l'Ecole Sainte-Marie et les filles à l'ICECLA qui était le regroupement des écoles catholiques féminines sous tutelle congréganiste, les soeurs du Bon Sauveur ou de Jeanne d'Arc. La mixité a fait son chemin progressivement : d'abord dans le personnel enseignant, puis à la direction de l'Ecole lorsque Mme Anne-Marie Raynal, professeur d'anglais, toujours en place, a succédé à François Bigeard en 1985. Au milieu des années 1970 encore, les filles de Terminale du Bon Sauveur venaient à l'Ecole Sainte-Marie uniquement dans les sections scientifiques (Baccalauréats C et D à l'époque) pour suivre les enseignements de mathématiques, de physique-chimie et de sciences naturelles. Il y avait aussi la chorale créée par Janette Enjalran, professeur d'éducation musicale et qui nécessitait, pour chanter à quatre voix de réunir les garçons et les filles pour les répétitions du mercredi après-midi et la préparation des célébrations religieuses, des concerts et des voyages à l'étranger. Puis, la mixité s'est installée à tous les niveaux de l'enseignement dans la deuxième partie des années 1970. Il y a actuellement autant de filles que de garçons en secondaire.

Les formations et les propositions nouvelles :

Aux filières généralistes qui étaient représentées dans les années 1970 et 1980 par la préparation du brevet des collèges et des baccalauréats A (Lettres), B (Sciences économiques), C (Mathématiques) et D (Sciences de la Nature) a été ajoutée, à l'initiative de François Bigeard, la filière G2 orientée vers les techniques quantitatives de gestion, ce qui a permis de diversifier les formations avec des filières plus techniques qui se sont ensuite développées (49). Depuis les dernières réformes, l'Ecole prépare donc au diplôme national du brevet, avec un taux de réussite de 89,6% en 2011, au baccalauréat, avec un taux de réussite de 98,4% en 2011, dans les séries L, ES, S, STG subdivisée en CFE, Mercatique et CGRH (50). Elle est habilitée à recevoir des élèves boursiers. On a vu apparaître aussi les sections européennes avec des cours en anglais portant sur diverses disciplines telles que les mathématiques ou l'histoire. Depuis quelques années, il est possible d'apprendre le chinois qui vient s'ajouter aux langues vivantes classiquement enseignées : anglais, espagnol, occitan et allemand. A la rentrée 2011, 28 élèves apprenaient le chinois sous la direction d'Eva de Ayguavives. Ouvert en seconde en 2010, cet enseignement est désormais proposé sur les trois niveaux du lycée (51).

Dans le secondaire, la répartition des élèves entre externes, demi-pensionnaires et pensionnaires a oscillé selon les époques. Actuellement, pour un total de 605 élèves, on dénombre 176 externes, 353 demi-pensionnaires et 76 pensionnaires (52).

L'Ecole a toujours multiplié, depuis ses origines ou presque, les activités éducatives para-scolaires. Ainsi une plaquette de présentation de l'institution Sainte-Marie, réalisée peu après le centenaire en 1982, dresse la liste suivante (53) : UNSS (sport scolaire de compétition, le mercredi après-midi au stade Lagrèze sous le contrôle des professeurs d'éducation physique), chorale et ensemble instrumental de l'Ecole. On doit à l'abbé Jean Icher, professeur de 1959 à 1993, qui fut un pionnier en la matière à partir des années 1970, la mise en place de nombreux échanges culturels et linguistiques en direction de l'Angleterre et de l'Allemagne : échanges franco-anglais (Prestbury, Bexleyheath près de Londres) et stages de deux semaines d'élèves à l'institution King's school de Maccesfield, échanges franco-allemands (Schweinfurt). On doit aussi à l'abbé Icher et à ses réseaux liés au scoutisme les propositions de camps de neige, en particulier à Camurac, en Ariège et les journées d'initiation au ski avec les professeurs d'éducation physique. S'ajoutent encore un club photo, un club orchestre, le journal de l'Ecole, un club informatique animé par les professeurs de mathématiques, en particulier Jean-Pierre Raucoules et Lucien Dalmaso (54).

Ces échanges ont été prolongés jusqu'à aujourd'hui par d'autres professeurs qui ont assuré la relève. Certains ont épaulé l'abbé Icher et prolongé son oeuvre, en particulier Thierry Mimart, Annie Dalmaso, Michel Boyer, Marie-José Rouve, professeurs d'anglais, puis Mmes Danielle Boyer et Josiane Portes pour l'Allemagne. Un jumelage a été établi avec le lycée allemand Hannah-Arendt de Barsinghausen, au sud de Hanovre en Basse-Saxe (55). Depuis 2011, les élèves de seconde participent au programme Brigitte Sauzay, formule d'échanges scolaires permettant de passer quatre semaines chez un correspondant. L'Espagne est devenue aussi une destination privilégiée avec plusieurs voyages scolaires à Madrid, Barcelone, Salamanque, Ségovie (56) organisés par les professeurs concernés, spécialement Mme Isabelle Nadal. Des sorties pédagogiques sont régulièrement organisées. Ainsi pour les sixièmes en juin 2010 à la découverte des fresques de Nicolas Greschny sur la Création dans l'église Saint-Benoît de Carmaux (57) avec les professeurs de français, d'histoire, d'arts plastiques et d'EPS (juin 2010) ou encore en janvier 2011, la visite du site «plantes et industrie» du groupe Pierre Fabre à Gaillac (58).Une semaine des arts (59) a été organisée fin mars 2011. A la fin des années 1990, a été tentée une expérience de création d'une maîtrise pour les élèves en fin de primaire et du collège qui a malheureusement tourné court. Nous pensons que l'expérience devrait être reprise, de manière progressive et volontaire. A l'instar des formations sports-études, on pourrait imaginer, sous la responsabilité de professeurs compétents en matière de chant choral liturgique, de former de jeunes élèves en matière musicale sans diminuer les exigences dans les disciplines classiques et reconstituer une maîtrise qui pourrait participer aux grandes célébrations liturgiques de la cathédrale Sainte-Cécile. Ainsi serait à la fois honorée la patronne des musiciens et porté haut le blason de l'Ecole dans le domaine religieux et artistique.

Il faut également signaler le club Lecture du centre de documentation et d'information (CDI) dirigé par Mme Isabelle Belvoy, professeur-documentaliste. Ce club s'adresse aux élèves du collège auxquels est proposée la lecture d'une sélection de romans, pièces de théâtre et de poésie, les choix étant dictés par la double exigence de la qualité littéraire et du caractère contemporain des oeuvres (60). Une rencontre d'auteur a pu être organisée en 2011. Ainsi se trouve encouragée la lecture, ce « lien entre le quotidien et l'imaginaire... si nécessaire à la vie de l'esprit » dont Emile Olivié, professeur de philosophie, faisait l'éloge au moment de son départ à la retraite en 2011 (61). Les élèves de Terminale participent également au concours de la Résistance et de la Déportation. Celui de 2010 ayant pour thème: « L'appel du 18 juin 1940 et son impact jusqu'en 1945 » a permis aux élèves du lycée d'Amboise d'obtenir le premier prix dans la catégorie Lycée-travaux collectifs (62).

Le rétablissement de l'école primaire :

L'Ecole Sainte-Marie avait connu une école primaire fermée en 1968 (62 bis), l'école Saint-Joseph, sous la direction de Roland Verger continuant à servir de vivier au recrutement des élèves au collège. Le directeur de Sainte-Marie, l'abbé Maraval, venait à l'école Saint-Joseph pour la proclamation des résultats en fin d'année et la plupart des élèves de CM2 allaient poursuivre leurs études secondaires à l'Ecole Sainte-Marie. Mais le recrutement s'est ensuite raréfié et l'Ecole a quelque peu souffert de la concurrence du Bon Sauveur tout proche, plus moderne, plus accueillant aussi par des espaces verts et doté d'un plus grand confort. C'est la raison pour laquelle il a été envisagé à la fin des années 1980 par le directeur diocésain de l'enseignement catholique, le frère Berçon (63), de rétablir une école primaire sur le site de Sainte-Marie (64). L'occasion s'est présentée en 1989 lorsque la congrégation des soeurs du Sacré-Coeur de Valence a décidé de vendre les locaux qui abritaient l'école située à Albi rue du Roc. En accord avec cette congrégation, le directeur diocésain de l'enseignement catholique a proposé de transporter cette école primaire dans une partie inoccupée de l'Ecole Sainte-Marie. L'opération était difficile à réaliser du point de vue administratif et surtout financier car il fallait effectuer des travaux importants. Grâce à la ténacité des différents responsables : direction diocésaine, directions de l'Ecole Sainte-Marie et du Sacré-Coeur, présidents des organismes de gestion de l'école du Sacré-Coeur, Jean Houlès et de Sainte-Marie, appui de la congrégation, les obstacles ont pû être surmontés. Des dons et des prêts ont permis de réunir les fonds nécessaires. L'école maternelle et primaire du Sacré-Coeur a pû ouvrir au début des années 1990. Elle a été dirigée successivement par Mesdames Fabre, Christiane Talon (1993-2008) et actuellement Sophie Daubèze et réunit près de deux cents élèves. Mais les locaux sont devenus trop exigus. Une extension est justifiée actuellement par les demandes d'inscription des familles qui ne peuvent être toutes satisfaites, faute de place suffisante. L'achat qui a été réalisé de maisons situées à proximité immédiate, rue Truel de Pallafre devrait permettre dans les années à venir d'agrandir cette école primaire qui jouit d'une excellente réputation. Ainsi donc se trouvent rassemblés, à nouveau, depuis le début des années 1990 sur le site originaire de l'Ecole Sainte-Marie, boulevard Carnot les différents niveaux d'enseignement : l'école maternelle et primaire du Sacré-Coeur, le collège et le lycée. En 2004 a été réalisée par Mgr Carré, archevêque d'Albi, la nécessaire restructuration de l'enseignement catholique albigeois. Ainsi est apparu l'ensemble scolaire d'Amboise (en référence au grand évêque d'Albi que fut Louis Ier d'Amboise à la fin du XVe siècle) qui réunit (65), sous la direction de Mme Anne-Marie Raynal, l'école maternelle et primaire du Sacré-Coeur (192 élèves à la rentrée 2011), le collège Sainte-Marie (378 élèves à la rentrée 2011) et le lycée d'Amboise (227 élèves à la rentrée 2011), tous trois installés sur le site historique de l'Ecole Sainte-Marie auxquels s'ajoutent les écoles maternelle et primaire du Bon-Sauveur (376 élèves à la rentrée 2011) et le collège du Bon-Sauveur (373 élèves). Demeurent actuellement en dehors de cette structure les deux écoles primaires de Saint-Joseph et de Notre-Dame du Breuil.

En ce qui concerne l'organisation interne, outre le chef d'établissement, Anne-Marie Raynal, il y a deux directeurs adjoints, depuis la rentrée 2008 : un pour le collège, M.Jean-François Bénézech, professeur de technologie et un pour le lycée,Mme Sylvie Alibert, professeur de mathématiques (66). Plusieurs associations contribuent activement à la vie de l'Ecole : l'association propriétaire (présidée par Maître Jacques Maignial, avocat au barreau d'Albi, l'OGEC (organisme de gestion), présidé par François Lonjon, les deux associations de parents d'élèves (APEL) du Sacré-Coeur et de Sainte-Marie, présidées par Mme Karine Cardoso et M. Bernard Vaissier et l'association des anciens élèves et maîtres qui maintient les liens entre les anciens, en particulier grâce à un bulletin de liaison qui paraît deux fois par an.

Le caractère propre de l'Ecole :

Par application de la loi Debré du 31 décembre 1959, l'Ecole est unie à l'Etat par un contrat d'association. Ce régime juridique, espéré par l'enseignement catholique mais longtemps différé en raison du caractère très sensible de la question dans notre pays (67), a permis de pacifier les relations entre l'Etat et les écoles privées qui, en France, sont confessionnelles (essentiellement catholiques) et non lucratives. Il a permis d'obtenir un financement par l'Etat qui prend en charge, en particulier, les salaires des professeurs et de respecter concrètement le principe de la liberté de l'enseignement proclamé par les lois Guizot (1833) pour l'enseignement primaire et Falloux (1850) pour l'enseignement secondaire. L'Ecole applique les programmes fixés par le Ministère de l'Education nationale et prépare les élèves aux examens nationaux. Se trouve respecté également le caractère propre de l'Ecole qui est d'être un établissement catholique. C'est ainsi que dans les années 1970, l'abbé Lucien Jammes a développé des équipes de JEC (Jeunesse Etudiante Catholique), de JTC (Jeunes Témoins du Christ), mouvement qui précéda le MEJ (Mouvement Eucharistique des Jeunes). Existèrent aussi à cette époque des équipes de JIC (Jeunesse Indépendante Chrétienne). Cette appartenance se traduit par la proposition d'une catéchèse qui a lieu dans tous les niveaux, sur une base de libre choix des parents et des élèves pour les classes les plus élevées. Les familles qui le souhaitent peuvent confier à l'Ecole la préparation des élèves aux différents sacrements, en particulier la Communion et la Profession de foi. Des célébrations religieuses ont lieu régulièrement dans la chapelle de l'Ecole, en particulier lors des temps forts de l'année liturgique, notamment le temps de Pâques et celui de Noël, ou encore pour la fête de l'Ecole le 8 décembre, fête de l'Immaculée-Conception. Le départ progressif des prêtres a nécessité une prise en charge de la pastorale par des professeurs de l'Ecole, en particulier M.Pierre Pelnier qui en a exercé la responsabilité, en relation désormais avec des prêtres de la ville et avec la collaboration de bénévoles, en particulier de parents d'élèves et de professeurs de l'Ecole. Dans le cadre des activités de catéchèse, des témoignages ont été donnés par le Père Guy Gilbert, il y a quelques années et par le Père René Luc, autour de son livre « Dieu en plein cœur » (68) pour les élèves du lycée en avril 2009 (69). En mai 2012, Claire Ly, réfugiée cambodgienne, qui a connu les camps de Kmers rouges de 1975 à 1979, convertie au catholicisme est venue témoigner auprès des élèves de première (70). De nouvelles initiatives ont été prises grâce à la comédienne et chanteuse Marion Combes qui anime plusieurs groupes de catéchèse en primaire et au collège. Elle propose des lectures des textes bibliques, une pratique théâtrale avec des dialogues inspirés des textes ainsi que la pratique du chant pendant la récréation « chantée » une fois par semaine à la chapelle (71). Prolongement naturel de cette formation religieuse, des actions humanitaires sont proposées également à l'Ecole. Ainsi l'opération « coup de pouce à Barrido » qui permet de soutenir un village pauvre des Philippines depuis plusieurs années (72). A la Noël 2010, les élèves de cinquième se sont mobilisés pour apporter des denrées alimentaires au profit de l'épicerie sociale de Gaillac (73). Lucie Taurines, ancienne élève (1996-2003) est partie aux Philippines en mars 2012, avec une organisation catholique de solidarité internationale appelée Fidesco pour former pendant deux ans des jeunes aux activités d'entreprenariat (74).

Dans le sillage du rapport Debray (75) qui a démontré l'inculture grandissante de nombre de Français en matière religieuse qui rend impossible la compréhension de pans entiers de notre patrimoine culturel commun et qui génère aussi de nombreux raidissements sociaux (76), l'Ecole a souhaité développer, sous la responsabilité d'Isabelle Mimart, professeur de Lettres, l'enseignement du fait religieux. Dans le cadre du projet « Sur les pas de Louis d'Amboise »(77), une convention passée entre le collège Sainte-Marie, l'office de tourisme de Monestiès et l'association « Les amis de Monestiès » a permis aux élèves de découvrir et de comprendre « La mise au tombeau », ensemble statuaire célèbre du XVe siècle déposé dans la chapelle Saint-Jacques à Monestiès. Avec l'aide d'Emilie Saurel, professeur d'arts plastiques, la classe de troisième A a réalisé des panneaux mobiles de présentation de cette oeuvre en 2008. Ce type d'enseignement transversal qui ne constitue ni une discipline supplémentaire, ni une catéchèse, mais qui se déploie à travers plusieurs disciplines comme les lettres, l'histoire, les arts a bien du mal à se mettre en place dans l'enseignement public, faute de moyens et surtout, pensons-nous, faute de convictions de la part de bien des membres du corps enseignant. Il faut donc saluer les initiatives prises à l'Ecole Sainte-Marie dont les responsables ont compris l'importance des enjeux. On peut souhaiter qu'à l'avenir, l'enseignement public et l'enseignement privé puissent collaborer dans ce domaine que nous pensons vital pour la paix sociale. En évitant tout relativisme et tout syncrétisme, la transmission d'un socle commun de connaissances sur les grandes religions, leurs pratiques, leurs aspects fondamentaux nous paraît de nature à éviter bien des incompréhensions et bien des tensions sociales.

 

1922, 1932, 1982, 2012, les anniversaires décennaux ont été régulièrement célébrés à l'Ecole Sainte-Marie. Tel a été le cas tout particulièrement pour le centenaire de la fondation de l'Ecole le 23 mai 1982 (78). Quatre-cent cinquante personnes participèrent à cette journée festive marquée par plusieurs discours, une exposition de photos souvenirs, un repas à l'hôtel d'Orléans. La Messe fut célébrée à la cathédrale Sainte-Cécile, présidée par l'abbé Maraval, ancien directeur, et concélébrée par plusieurs prêtres professeurs ou anciens professeurs : les abbés Cabrol, Maynadier, Anglès, Gautrand, Bouyssié, Jammes, Cavaillès, en présence du chanoine Lucien Gaben, ancien élève, curé de la cathédrale. Le chant était animé par la chorale de l'Ecole, dirigée par Janette Enjalran, professeur d'éducation musicale. La journée avait été organisée par l'association des anciens élèves et maîtres, présidée par Jean-Pierre Raucoules, professeur de mathématiques. Une plaquette fut réalisée à cette occasion où l'on peut retrouver les temps forts de cette journée. Ces commémorations témoignent de la pérennité de l'Ecole mais aussi de sa capacité à s'adapter aux temps nouveaux, tout en restant fidèle aux objectifs de ses fondateurs. Ces objectifs sont toujours les mêmes, comme le soulignait Mme Anne-Marie Raynal (79), dans l'un des derniers numéros du bulletin de liaison de l'Ecole : proposer une solide formation intellectuelle, mais aussi une véritable éducation chrétienne aux différentes générations, c'est-à-dire, d'une manière qui est toujours à renouveler, la fidélité aux valeurs évangéliques, source de bonheur et d'épanouissement dans la vie de tout homme. C'est aussi une ouverture à l'humanisme chrétien, imprégnation qui marque pour toute la vie et d'une manière qui construit la personne humaine et pousse aux engagements sociaux. C'est le dévouement des professeurs et de toute la communauté éducative au service de la formation des élèves. Au-delà des nécessités de l'instruction et de la discipline, l'esprit évangélique qui est le véritable inspirateur de l'enseignement catholique (80) doit conduire à poser un regard bienveillant sur chaque élève, de manière à ce qu'il puisse donner le meilleur de lui-même et grandir dans un climat familial, d'entraide et de confiance. A l'heure où notre société a tendance à perdre ses repères essentiels et à s'égarer dans les voies de l'individualisme, du matérialisme et d'une fausse conception de la liberté humaine, il faut se réjouir de la présence à Albi d'une institution comme l'Ecole Sainte-Marie qui a su toujours cultiver à travers les générations de professeurs et d'élèves une conception élevée et exigeante de la formation chrétienne, comme en témoigne le grand crucifix (81) du boulevard Carnot qui rappelle la forte identité de l'Ecole : « Semper fidelis! »

 

Philippe Nélidoff

Président de l'Association des Anciens

Elèves et Maîtres

de l'Ecole Sainte-Marie

 

Notes :

1- Chanoine Combès, Histoire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi (1882-1957), Albi, ICSO, 1957.

2- Nous voulons ici remercier le Père Bernard Desprats, archiviste diocésain ainsi que son collaborateur, M. Cédric Trouche pour leur extrêmes obligeance et amabilité.

3- Un premier bulletin est élaboré dans les années 1970, et, dans sa forme actuelle, depuis le milieu des années 1980. Ce bulletin, donne des nouvelles des anciens élèves et maîtres, permet de relater des souvenirs, d'évoquer la mémoire des disparus et donne des informations sur la vie actuelle de l'Ecole. Actuellement, il y a deux numéros annuels envoyés aux anciens élèves membres de l'association des anciens élèves et maîtres de l'Ecole Sainte-Marie ainsi qu'aux familles dont les enfants fréquentent actuellement l'Ecole. Le dernier numéro paru est le n° 67 de mai 2012.

4- Philippe Nélidoff, « La rechristianisation du diocèse d'Albi à la fin de l'époque concordataire (1865-1899) », Actes de la XVIe Université d'été du Carrefour d'histoire religieuse, La christianisation à travers l'Histoire, Albi, juillet 2007, Sous la direction de Bruno Bethouart et Gérard Cholvy, Les cahiers du Littoral-2, N°8, 2008, p.214- 235.

5- Père Claude Cugnasse, « quelques particularités du diocèse d'Albi dans l'Histoire», Ibidem, p.207-212 ; Jean Faury, Cléricalisme et anticléricalisme dans le Tarn (1848-1900), Association des publications de l'Université de toulouse-Le-Mirail, série A-Tome 41, 1980, p.129-161.

6- Les premières lois de laïcisation de l'enseignement sont contemporaines du Ministère de Jules Ferry au début des années 1880. Les lois anti-congréganistes sont celles du 1er juillet 1901 (Titre III) et du 7 juillet 1904. Sur cette question se référer, en particulier à : Les congrégations religieuses et la société française d'un siècle à l'autre, Actes du colloque des 17-18 octobre 2003, Maison de la Chimie, Paris, Editions don Bosco, 2004.

7- Marie-Odile Munier, Au pied de la Montagne noire, Sorèze, une abbaye, une école, Ed. Siloë, 1999.

8- Nous nous bornons à résumer ici les pages que consacre le chanoine Combès aux débuts de l'Ecole, cf Histoire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi, op.cit, p. 2-18.

9- Sur Louis Birot, il faut consulter d'abord les deux opuscules rédigés, le premier au soir de sa vie, le second réunissant les hommages au moment de sa mort en 1936: Chanoine Birot, 50 ans de sacerdoce à l'ombre de Sainte-Cécile, 1886-1936, Albi, ICSO, 1936 ; A la mémoire du Chanoine Louis Birot, curé-archiprêtre de l'Insigne église Métropolitaine Sainte-Cécile d'Albi 1908-1936, Albi, ICSO, 1936.

10- Chanoine Gustave Combès, L'abbé Louis Birot (1863-1936), un gand esprit, Albi, ICSO, 1948, spécialement le chapitre troisième, A la direction de l'Ecole Sainte-Marie, p.69-98 et du même auteur, Histoire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi, op.cit, p.19-35.

11- Les peintures discutées du choeur ont été réalisées sous le supériorat de l'abbé Cavaillès durant la seconde guerre mondiale.

12- Sur le rôle très important que joua au début du siècle Louis Birot, se reporter à : René Rémond, Les deux congrès eucharistiques de Reims et de Bourges, 1896-1900, Paris, Sirey, 1964 ; Jacques Gadille, « L'entrecroisement de la religion et de la politique, au seuil du XXe siècle, Actes du colloque organisé à Albi les 19 et 20 janvier 2000 : Christianisme et politique dans le Tarn sous la Troisième République, sous notre direction, Centre albigeois d'histoire du droit et des institutions, Presses de l'Université des sciences sociales de Toulouse, 2000, p.69-80 ; notre communication : « La recherche de la conciliation entre catholicisme et République : le cas de Mgr Mignot (1842-1918) », Actes du colloque Auteurs et acteurs de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, organisé à l'Université catholique de Lille et à l'Université Lille II les 29 et 30 septembre 2005, Textes réunis par Sylvie Humbert et Jean-Pierre Royer, Centre d'Histoire judiciaire de l'Université Lille II, 2007, p.239-259.

13- Louis de Lacger, in A la mémoire du chanoine Louis Birot, op.cit, p.8.

14- Tous les renseignements antérieurs à 1957 proviennent de l'ouvrage du chanoine Combès.

15- Ainsi l'abbé J. Sudres, professeur d'espagnol, vicaire à Saint-Juéry (ordo 1956) puis curé de Carlus (ordo 1958).

16- ainsi l'abbé Gustave Combès, et Laurent, chanoines titulaires.

17- ainsi les abbés Segui, Audourenq, Crayol, Montlaur,

18-Ainsi l'abbé Ségui aumônier de la clinique de Boutge, l'abbé Roudouleusse, aumônier des prisons d'Albi, les abbés Rolland, Laurent et Bouyssié, aumôniers du Bon-Sauveur d'Albi, l'abbé Icher, aumônier de la garnison d'Albi, les abbés Amiel et Gautrand, aumôniers des soeurs du Sacré-Coeur de Valence d'Albi, l'abbé Cabrol, aumônier des Carmélites d'Albi.

19- Sur Mgr Jean Sahuquet (1923-2006), consulter la notice de Sylvaine Guinle-Lorinet, in Dictionnaire des évêques de France au XXe siècle, Sous la direction de Dominique-Marie
Dauzet et Frédéric Le Moigne, Paris, Cerf, 2010, p.600-601.

20- Il s'agit du Tiers-Ordre-Régulier de Saint-François installé dans le diocèse d'Albi à Notre-Dame de La Drêche près d'Albi et Ambialet.

21- Ces renseignements nous sont fournis par l'Annuaire pontifical : The hierarchy of the catholic church, current and historical information about its bishops and dioceses et consultable sur : http://www.catholic-hierarchy.org

22- Sur Mgr Marquès, consulter la notice que nous lui consacrons in Dictionnaire des évêques de France au XXe siècle, op.cit, p.446-448.

23- Sur Mgr Barthe, consulter la notice que lui consacrent Martine et Jean-Marie Guillon, Ibidem, p.57.

24- Chanoine Combès, Histoire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi, op. cit, p.73

25- Ibidem, p.86.

26- Ibidem, p.21-22.

27- Ibidem, p.42.

28- Ibidem, p.59.

29- Ibidem, p.107.

30- Ibidem, p.44.

31- Ibidem.

32- Ibidem, p.93.

33-Pierre-Yves Toullelan, Histoire d'Alliance, 1872-2007, Les chefs d'établissements dans l'Enseignement catholique (A.D.D.E.C.), 2008, p.127. Cet ouvrage très documenté contient plusieurs photographies concernant l'Ecole aux pages : 27, 68, 93, 109, 115, 119, 123, 127.

34- Chanoine Combès, Histoire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi, op. cit, p.123.

35- Ibidem, p.81-82.

36- « Toujours fidèle », Centenaire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi 1882-1982, p.17.

37- Chanoine Combès, Histoire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi, op.cit, p.50-51.

38- Ibidem, p.92-93.

39- Ibidem, p.62.

40- Plaquette du Centenaire, op. cit, p.17.

41- Chanoine Combès, Histoire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi, op.cit, p.64-69.

42- On trouvera la liste des anciens élèves ou maîtres victimes de ces différents conflits à la fin du livre du chanoine Combès consacré à l'Histoire de l'Ecole sainte-Marie, op.cit, p.133-136.

43- Ibidem, p.69-72.

44- M. Fernand Vergely, professeur de sciences naturelles depuis 1970, censeur puis directeur- adjoint a pris la retraite en 2008.

45- M. Jean-Pierre Raucoules, professeur de mathématiques, ancien président de l'Association des anciens élèves et maîtres au moment du centenaire en 1982, a pris la retraite en juin 2010, en même temps que d'autres professeurs qui étaient depuis longtemps dans l'établissement, en particulier M. Georges Protet, professeur de Lettres, Mme Annie Dalmaso, professeur d'anglais et Mme Roselyne Mascaras, professeur d'histoire-géographie. L'année précédente avait vu le départ à la retraite de M. Guy Chappert, professeur de mathématiques et de M. Pierre Allevy, professeur de physique-chimie.

46- Sainte-Marie, Albi, Actualité, Bulletin des anciens élèves et maîtres de l'Ecole Sainte-Marie désormais Bulletin, décembre 2011, n° 66, p.16-20.

47- Ibidem, avril 2011, n°65, p.32-36.

48- Ibidem, décembre 2011, n°66, p.31-33.

49- Institution Ste Marie d'Albi, 1983-1984, p.7.

50-Bulletin, décembre 2011, n°66, p.8.

51- Ibidem, avril 2011, n°65, p.12-13 et n°66, p.13.

52- Ibidem, décembre 2011, n°66, p.5-6.

53- Institution Ste Marie Albi, 1983-1984, p.12.

54- Présent dans l'Ecole depuis les années 1970, M. Lucien Dalmaso, professeur de mathématiques a fait preuve lui aussi d'un remarquable dévouement : salle informatique, travaux, encadrement de voyages scolaires, catéchèse, équipe de direction, emplois du temps... jusqu'à son départ à la retraite, en 2006 et même ensuite.

55- Bulletin. Avril 2011, n°65, p.10-11 ; Décembre 2011, n°66, p.15.

56- Bulletin, Décembre 2010, n°64, p.15-16.

57- Bulletin,

58- Ibidem, Avril 2011, n°65, p.6.

59- Ibidem, p.8.

60- Bulletin, Décembre 2008, n°60, p.13-14 ; Décembre 2011, n°66, p.11.

61- Ibidem, p.12.

62- Bulletin, Décembre 2010, n°64, p.13.

62 bis- L'ordo de 1968 ne mentionne plus la liste des institutrices de l'école primaire.

63- Le frère Berçon avait pris la suite, en 1982, du frère Roland Imbert qui avait lui-même remplacé le chanoine Mantoy, longtemps directeur diocésain de l'enseignement catholique depuis les années 1950 jusqu'en 1972. Le nom du chanoine Mantoy, vicaire épiscopal, licencié en philosophie, figure dans l'ordo de 1968 dans la liste du corps professoral de l'Ecole Sainte-Marie pour l'année 1967-1968.

64- Bulletin, Avril 2011, n°65, p.37-38.

65- Bulletin, Décembre 2011, n°66, p.5-6.

66- Bulletin, Décembre 2008, n°60, p.4.

67- André Latreille, De Gaulle, la Libération et l'Eglise catholique, Paris, Cerf, 1978, Cerf et éditions du CNRS, 2011, p.139-194.

68- Père René-Luc, Dieu en plein coeur, Presses de la renaissance, 2008.

69- Bulletin, Mai 2009, n°61, p.9.

70- Bulletin, Mai 2012, n°67, p.3-5.

71- Bulletin, Janvier 2010, n° 62, p. 5-7.

72- Bulletin, Décembre 2008, n°60, p.16-20.

73- Bulletin, Avril 2011 , n° 65, p.4-5.

74- Bulletin, Mai 2012, n°67, p.7-10.

75- Régis Debray, L'enseignement du fait religieux dans l'école publique, Paris, Odile Jacob, 2002.

76- Voir notre article : « La laïcité après la laïcité : autour de quelques questions actuelles », Bulletin de littérature ecclésiastique de l'Institut catholique de Toulouse, CVI/2005, p.239-260.

77- Bulletin, Décembre 2008, n°60, p.10 et Mai 2009, n°61, p.14-19.

78- « Toujours fidèle », Centenaire de l'Ecole Sainte-Marie d'Albi 1882-1982.

79- Bulletin, Avril 2011, n°65, p.1-2.

80- Un nouveau statut de l'enseignement catholique, « sorte de cahier des charges destiné aux écoles catholiques ainsi qu'aux instances et institutions qui les dirigent » est actuellement en préparation. Faisant suite à celui de 1992, il témoigne d'un « regain d'intérêt pastoral des évêques » pour ce type d'enseignement, comme le remarque dans La Croix du 15 février 2013, Pierre Marsollier, délégué général de l'enseignement catholique. Une convention nationale aura lieu les 1er et 2 juin 2013 sur la place de l'enseignement catholique dans la société actuelle.

81- Ce crucifix rappelle la mission organisée à Albi par les TRPP Capucins en 1864, soit dix-huit ans avant la fondation de l'Ecole avec l'inscription « Ave Crux, spes unica. »

 
 
Les Anciens Elèves et Maîtres de l'Ecole Sainte Marie - 13, boulevard Carnot - 81000 Albi - Tél : 05.63.48.43.90